Le Président Joël DESWARTE s’adresse aux chasseresses et aux chasseurs

Chasseresses, chasseurs, régulatrices et régulateurs : voilà la nouvelle dénomination d’une partie d’entre nous, le but étant d’organiser la division. Pour le coup, bravo Madame la Ministre, c’est réussi !

Les laissés pour compte sont, bien-sûr, les amateurs du petit gibier et du migrateur.

Il n’y a aucune exagération à dire que nous sommes devenus la proie de notre Ministre de l’Environnement !  Et sans faire de pléonasme, on l’appelle aussi la ministre de tutelle en charge de la chasse.

Etant le défenseur des chasseurs de notre département, j’ai tenté de trouver des solutions. Malheureusement, comme pour tous les autres représentants des fédérations, un cadre réglementaire venant des hautes instances de l’État, nous a totalement interdit le droit à la négociation au sujet des espèces migratrices et de petit gibier.

Je comprends tout à fait la déception, l’humiliation et le ras-le-bol que vous ressentez. Pour beaucoup d’entre vous, la coupe est pleine. Je ne vais pas prétendre vous bercer et vous rassurer avec des paroles vides. Aucun grand verbe, si beau soit-il, ne vous ramènera à votre passion.

Pensez seulement à ma propre amertume d’assister à l’amputation d’une partie de la chasse dans le Nord. C’est pourquoi, par solidarité pour ceux qui n’auront rien, je ne prendrai ni fusil ni carabine pendant la période de confinement. Comme vous en cette période de migration, je regarderai, à regret, passer les bécassines sans pouvoir en prélever.

Par ailleurs, j’ai pu constater des réactions parfois violentes de certains d’entre vous et je ne peux les accepter. Je ne sais pas faire de miracle, je ne suis pas le bon Dieu ! Pour recadrer ces dérives, je me permets d’apporter quelques commentaires.

  • Pour ceux qui mettent en accusation la responsabilité des dirigeants des Fédérations Départementales des Chasseurs, je leur conseille de relire attentivement le début de ce communiqué mais surtout de réfléchir au fait que nous n’avons que peu de marge de manœuvre. Nous sommes restés prudents dans nos demandes au vu de la situation sanitaire nationale et mondiale.
  • Nous connaissons tous des proches affectés par la COVID 19, nous devons tous avoir un certain civisme, un respect des uns et des autres. Tous les citoyens subissent les restrictions, nous sortirons de cette crise comme d’une crise d’après-guerre. S’il vous plait revenons tous à la raison, personne ne pouvait prévoir cette situation aux allures de science-fiction mais pourtant bien réelle.
  • Il est facile de critiquer les services de l’Etat et encore plus les Préfets. Mais voilà, ils ont des ordres, ils appliquent ! Le cadre est clair, ça vient d’en haut !
  • « La chasse au grand gibier, la chasse chouchoutée » ! Voilà une belle moquerie ! Rappelons-nous que la branche « Grand Gibier » a toujours renfloué le compte général de votre Fédération. C’est elle qui a, pendant longtemps, financé aussi les autres chasses. Se désigner les uns les autres du doigt n’a aucun sens ! Et c’est peut-être tomber dans le piège tendu…
  • Pour n’aborder que rapidement la facture des dégâts causés par le grand gibier : tous les permis validés y contribuent et il est à prévoir une explosion des demandes d’indemnisation des dégâts si jamais la régulation des sangliers n’avait pas lieu dans un contexte de forte fructification forestière.
  • Il ne faut pas oublier que 2020 a été une année historique pour le timbre départemental du Nord dont le coût a été réduit de 15€. Mais comme le disait souvent une personnalité cynégétique du Nord : « un bon bonbon est vite oublié ! »

J’ai toujours dit : la chasse ne doit pas faire de politique.  Aujourd’hui, je pense comme certains que 2022 sera décisif pour l’avenir de notre passion. Je soutiendrai donc le candidat ou la candidate qui s’engagera à nous défendre. L’union fait la force et 1 million de chasseurs auxquels l’on peut ajouter les proches, voilà de quoi donner matière à réflexion.

Il faut être conscient que la vague verte est là et nous sommes aujourd’hui le centre de leur cible.

Aux prochaines élections ne vous trompez pas, ce sera à nous de réagir !

Sachez tous que votre Fédération, élus et le personnel, fait le maximum dans cette période noire et sans précédent.

Nous vous demandons votre compréhension et votre civisme. Les téléphones sont rouges et les 3 lignes fédérales ont été saturées, comprenez la difficulté que rencontrent nos services. Je vous présente toutes mes excuses pour ces désagréments mais sachez que les personnels des services techniques et administratifs de votre Fédération seront présents, en masse, et sur le volontariat, dès ce samedi 7 novembre, pour traiter le plus efficacement possible les dossiers qui nous parviendront. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés !

Sans cette mobilisation de force majeure, personne, ni même les services de l’Etat, n’aurait pu gérer vos demandes dans des délais raisonnables. Soyez donc assurés que chaque demande de dérogation sera traitée dans les meilleurs délais possibles.

Pour finir, je tiens à remercier le monde agricole et forestier pour leur soutien sans faille et leur parfaite conscience des réalités de terrain.

J’oubliais ! Dès lundi, seront programmés les prochains rendez-vous avec les différents services de l’Etat afin d’obtenir les dérogations nécessaires pour les transports d’appelants et de gibier pour que, dès le déconfinement, vous puissiez exercer votre passion malgré le niveau de risque actuel concernant la grippe aviaire. Le travail mené aujourd’hui, nous permettra de limiter les éventuels retards de demain.

Je m’adresse aux chasseurs de petits gibiers, en leur indiquant que les discussions avec l’ONF se poursuivent. L’objectif maintenant est de parvenir à obtenir des compensations partielles des pertes de la saison de chasse en cours en modifiant les calendriers de chasse et en augmentant le nombre de jours de chasse d’ici la fin de saison.

Je conclus en vous invitant à la plus grande prudence et au respect des gestes barrières. Lors de vos futures actions de régulation, une certaine discrétion serait appréciée car elle pourrait générer une part d’incompréhension chez quelques personnes étrangères au monde de la chasse. Il n’est pas judicieux de semer plus de discorde à cette société française déjà bien désunie. La terrible maladie est présente et il convient, tout de même, de relativiser cette période difficile pour nous au regard des effets dévastateurs de la pandémie mondiale sur la population, aussi bien au niveau de la santé des personnes que pour l’économie et l’emploi.

Prenez soin de vous et de vos proches !

Amitiés en Saint Hubert,

Joël DESWARTE

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